Un point sécu !

Bonjour à tous,

Vous l’avez sans doute remarqué, mais depuis mon arrivée, je vous embête bien avec la sécurité ! Je les entends les petites voies dans vos têtes [Il nous fait ch**r le nouveau avec toutes ses règles, avant on faisait bien comme on voulait et ça marchait ! Il sort de l’école et il veut faire son malin].

Pour ceux qui ne veulent pas tout lire, et c’est dommage, retenez seulement ça:

Je vous propose une séance « point sécu » ce vendredi 18 mars à 20h. Avec même une séance de rattrapage le mardi 22 mars à 20h. Tous les membres du club y sont conviés.

Pour les autres, venons-en aux faits :

Le club dispose désormais d’un salarié (moi), professionnel de l’activité (entre autre de part mon diplôme) et j’entends bien que certains ont bien plus d’années de grimpe derrière eux que moi…, par contre peut-être pas une vue aussi globale de l’activité. J’entends par  vue globale, la fréquentation de nombreuses falaises, de nombreux murs, avec de nombreux publics, dans de nombreuses conditions et configurations, avec de nombreux matériels et de nombreux… accidents !
Entre collègues, nous discutons aussi beaucoup des accidents et presqu’ accident que nous rencontrons, certains sont tout simplement hallucinants de bêtises, d’autres moins car inhérents à la pratique de l’activité.
Pour information, je suis aussi le correspondant sécurité en Basse Normandie.

noeud en bout de cordeEn 6 ans, j’ai certainement vu plus d’accidents que certains en 30 ans de pratique (c’est triste, mais c’est la réalité), c’est normal quand on passe son temps avec un baudrier aux fesses. La plupart de ces accidents peuvent être évités par du simple bon sens ou parfois par quelques changements d’habitudes.

De plus, il est de mon devoir de vous donner toutes les cartes pour assurer votre sécurité et celle des autres, mais il est aussi de mon devoir de vous faire appliquer ces règles de sécurité (du moins quand je suis dans la salle ou en falaise avec vous !), sans quoi je commets tout simplement une faute professionnelle (qui bien sur est sanctionnable, mais on ne va pas forcément entrer dans les détails…).

C’est pourquoi je souhaite vous faire partager mon point du vue, en espérant que vous compreniez bien les choses et que vous les appliquiez même en mon absence.

Voici donc les comportements accidentogènes qu’on ne devrait plus voir en escalade :

Non contrôle par double vérification avant de grimper. Je rappelle que le grimpeur doit vérifier le système d’assurage de l’assureur ainsi que la mise en place correcte du baudrier, et inversement, l’assureur doit vérifier l’encordement correct du grimpeur.
La cordée doit vérifier la présence systématique du nœud en bout de corde (on y revient plus tard). Pour information, lors de derniers jugements suite à des accidents d’encordement, les grimpeurs et assureurs ont été jugés co-responsables des faits. Et oui…

Assurage trop loin du pied du mur (valable en falaise), certains assurent même en dehors des tapis !! En cas de chute du grimpeur, vous allez être attirés violemment vers le mur et risquez de vous blesser ou de blesser votre grimpeur en lâchant la corde pour vous protéger du choc.
La bonne distance pour assurer est : 1 jambe environ de la paroi, vous avez tout intérêt à vous désaxer de la voie (vers la gauche ou la droite) pour ne pas attraper un torticolis. Quand le grimpeur arrive dans une zone déversante, rien de vous empêche d’être dos au mur pour l’avoir de visu. Si il chute, vous serez simplement attiré vers le haut, donc pas vers un obstacle. Si vous ne voyez plus votre grimpeur à la sortie d’un toit, pas de soucis, faites à la sensation, et tendez l’oreille pour entendre les infos éventuelles qu’il vous communique.

Mou excessif lors du clipage des premiers points !! Lors du clipage des premiers points (communément les 3 premiers), la tension de la corde doit être ajustée, de l’ordre de la dizaine de centimètre de marge. Cela nécessite un investissement total de l’assureur, qui bien sur se trouve en dehors de la zone de chute (à droite ou à gauche de la voie), proche du mur ! [Mais non, il n’y a pas trop de mou, t’inquiète je gère…] heu… tu ne gères rien du tout oui! En effet, en cas de mou excessif, un retour au sol est inévitable.

Les descendeurs en 8 en mode rapide ! Comportement complètement accidentogène avec les cordes récentes qui bénéficient pour la plupart d’un traitement favorisant le glissement dans les systèmes d’assurage et dégaines. Préférez d’ailleurs les systèmes « tubes » qui sont plus adaptés à notre pratique et cordes actuelles.

Mise en place farfelue des systèmes d’assurages (non accepté par les notices des fabricants) [car je trouve ça plus confortable]. Si les fabricants n’autorisent pas certaines choses, c’est que des tests ont démontrés un risque d’accident.

Grimpe avec bagues et autres bijoux, cliquez-ici (âmes sensibles, s’abstenir) pour voir l’effet d’une bague en escalade (encore un accident est remonté ce dernier mois à la FFME…)

jeu des 7 erreurs-Grimpe avec un encordement de bricoleur ! Faites un nœud de huit collé au baudrier, accompagné de son nœud d’arrêt lui même collé au nœud de huit (nœud de pécheur double. Pas triple ni quadruple !) Pas de mou excessif sortant des nœuds finalisés, source de toutes les erreurs possibles et surtout d’une grosse inquiétude pour le cadre en bas du mur.
En effet, une corde qui pendouille au niveau du bassin du grimpeur, est dans la plupart des cas synonyme d’un nœud non terminé ! [j’mens fous je suis pas le cadre, je suis le grimpeur] Dans ce cas, c’est triste.
Et pourquoi un pécheur double et pas un nœud simple ? Parce que le nœud simple s’enlèvera tout seul au bout de quelques mètres, plus aucune utilité pour vous sauver la vie en cas de nœud de 8 mal réalisé (un pécheur double bien réalisé suffit à assurer votre sécurité à lui seul).

Nœud en bout de corde absent ! [les cordes de la salle on les connait], OK, [elles font la bonne longueur], OK [on est en moulinette], OK [je te promets quand je suis dehors, je fais toujours un nœud !] -PIPO !-.
Ce n’est pas Adrien Bourget qui décide qu’il faut faire un nœud, mais bien la fédération délégataire (la FFME auprès de laquelle le tribunal se rapproche en cas d’accident), qui a bien sûr étudié un minimum le sujet…
Environ 50% des accidents mortels en escalade sont liés à des cordes trop courtes –> La solution est super simple. Une corde d’escalade = 1 nœud à son extrémité libre. Ceci doit être un réflexe, comme la ceinture en voiture.

Assurage pieds-nus. Vous êtes grands, mais sachez qu’en assurant pieds nus, vous avez toutes les chances de vous blesser les orteils (contre le mur) en cas de chute mal gérée ou mal dynamisée. Vous êtes avertis.

Assurage non dynamique [je recule -encore plus que d’habitude- pour tendre la corde et stopper la chute! ça marche bien!]. Non !! On ne recule pas pour « tendre la corde », sauf cas très particuliers (qu’on ne rencontre que très peu en salle).
On dynamise l’arrêt du grimpeur, surtout en devers, sous peine d’effectuer un beau pendule et d’entendre un gros « bang », les cheville du grimpeur qui frappent le mur ! Sauf que pour dynamiser, il faut être proche du mur et ne pas avoir de mou excessif devant l’appareil d’assurage.

Bref, puisque le texte c’est bien mais le concret c’est encore mieux, je vous propose une séance « point sécu » ce vendredi 18 mars à 20h. Il y aura même une séance de rattrapage le mardi 22 mars à 20h animée par un des présents de la séance précédente, avec mon aide tout de même !

Quelques documents intéressants se trouvent ici, notamment les recommandations fédérales de mai dernier.

A bientôt en toute sécurité,

Adrien

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